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MISE A JOUR : jeudi 23 octobre 2014 - 06h:03

D’Israël à l’Essex : des voyageurs qui ne sont pas les bienvenus

mercredi 23 novembre 2011 - 06h:18

James Brownsell et Pennie Quinton - Al Jazeera

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Traditionnellement, les communautés nomades sont confrontées à des mesures violentes discriminatoires prises par les États pour abolir leur mode de vie.

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Le camp de Dale Farm, près de Londres
(Photo Vice.com)

Allez partout dans le Moyen-Orient, et vous avez toutes les chances d’être accueillis par ces mots : Ahlan wa sahlan wa marhaban. Traduits littéralement, cela signifie : « Bienvenue sur ce bout de terrain plat », une survivance du temps où la culture arabe était traditionnellement de nature plus nomade, et où les visiteurs pouvaient avoir un long, périlleux voyage à faire avant de retrouver des amis dans la plaine.

Mais l’image romantique du voyageur itinérant est bien loin de la réalité quotidienne que vivent aujourd’hui les communautés du voyage. D’est en ouest, leur réalité c’est une vie le plus souvent remplie de discriminations, violences et d’oppression perpétrées par les autorités d’État qui tentent de les obliger à se conformer à un style de vie urbain.

« C’est une expérience que je n’oublierai jamais ; la police attaquant les gens, frappant les gens, les tirant au pistolet Taser, » dit Pearl, membre de la communauté de Dale Farm.

Elle fait partie d’un groupe de plus de 200 Travellers (gens du voyage) irlandais qui ont été expulsés par la violence de leurs terrains, des terrains qu’ils avaient achetés, près de Basildon en Essex, au sud-est de l’Angleterre, toute une série d’expulsions violentes qui auraient même coûté jusqu’à 18 millions de livres (21 millions ?).

L’isolement de leur communauté, créée dans les années soixante-dix, connaît d’étranges analogies avec ce que vivent les Bédouins du Néguev, confrontés régulièrement aux menaces des autorités de l’État d’Israël, depuis que cet État existe, contre les villages « non reconnus » à qui sont refusés les services d’infrastructure et qui, à l’occasion, sont rasés aux bulldozers.

Le camp de Dale Farm est un ancien parc à ferraille, vendu par le conseil de Basildon aux membres de la communauté des Travellers irlandais, leur vie de nomade étant effectivement interdit par la loi britannique de 1994 relative au Crime (Criminal Justice Act), loi qui abroge les garanties juridiques antérieures des droits des Travellers. A son maximum, Dale Farm abritait quelque 1000 personnes.

La loi de 1994 a supprimé l’obligation pour les conseils de fournir des sites aux Travellers, réduisant ainsi de façon drastique les lieux où la communauté du voyage pouvait camper pendant ses déplacements.

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Les autorités britanniques à l’oeuvre à Dale Farm
(Gallo-Petty)

Les autorités locales ont ensuite encouragé les communautés du voyage à acheter des terrains pour compenser la suppression de cette mise à disposition : Dale Farm est précisément un site qui a été acheté en application de cette politique. Mais la communauté Dale Farm ne s’attendait pas à être présentée comme causant un préjudice arbitraire par le conseil de Basildon - conservateur - qui leur a maintes fois refusé des permis de construire pour des parkings pour ses caravanes et mobil-homes, et des petites maisons sur le site, prétendant que cet ancien parc à ferraille pollué était zone naturelle protégée, terrain de la « Ceinture verte ».

Durant l’expulsion, une chapelle catholique sur le site - du nom de saint Christophe, saint patron des voyageurs - aurait été démolie par la société d’huissiers Constant & Co. Un prêtre du quartier, le père Dan Mason, était à Dale Farm ce jour-là.

« J’étais sur le site... pour visiter mes paroissiens et voir comment ils allaient. C’était très traumatisant. » a-t-il déclaré à Independent Catholic News.

« Une femme a été blessée. Ils m’ont dit qu’elle avait été poussée contre un mur et frappée à coups de pied. Elle a une blessure dans le dos. C’est ce qui m’a été dit. Elle a été emmenée à l’hôpital mais ils ne l’ont pas prise parce qu’il n’y avait pas de lits. C’est complètement surréaliste. Je connais ce site tellement bien. Les familles y sont si accueillantes. Nous étions dans une caravane, prenant le thé. Cela semblait surréaliste. On voyait des policiers anti-émeute partout, des hélicoptères, des manifestants... on aurait dit une zone de guerre. »

John Baron, le député - conservateur - de Basildon, et ancien banquier d’affaire, défendait le déblaiement du site arguant que c’était l’application de la loi sur la Planification.

« N’oubliez pas que ce sont des familles qui ont enfreint la loi », a-t-il déclaré à la BBC. « Nous ne pouvons avoir ça dans ce pays... Si nous permettons à ces nomades de rester là, simplement, après qu’ils aient violé toutes les lois, quelle sorte de message enverrait-on à tous les autres ? Tout le monde dirait : ?C’est bien, si eux peuvent échapper à la loi, pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Et nous aurions le chaos. »

Pendant l’expulsion, le député au Parlement européen, Richard Howitt, Parti travailliste, pour l’Est de l’Angleterre, n’a pas été autorisé à observer les opérations, le conseil de Basildon ayant donné l’ordre à son personnel de sécurité de le faire partir du secteur réservé à la presse, contigu à Dale Farm. Il a été invité par la télévision régionale, avec la permission écrite de la police et après en avoir, par correction, informé le conseil de Basildon ; il a déposé une plainte officielle contre les actions du conseil et contre l’agression sur sa personne.

Le député européen avait auparavant proposé d’aider à la médiation entre les Travellers et le conseil, comme l’avaient fait des groupes religieux et des organisations d’État. Même les Nations-Unies ont condamné l’action programmée, « exprimant leurs profonds regrets devant l’entêtement des autorités du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord à procéder à l’expulsion des familles tziganes et du voyage de Dale Farm, en Essex, avant de déterminer et fournir le logement qui leur était culturellement approprié. »

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Une militante à Dale Farm, pendant les démolitions.
(Gallo-Petty)

Détruire les maisons de quelque 86 familles sans leur donner « un logement culturellement adéquat » va à l’encontre du droit international, affirme Amnesty International. Dans le même temps, deux autres sites ont été trouvés par l’agence des Maisons et des Communautés de Grande-Bretagne, mais cela n’a pas empêché le conseil de Basildon de décider de pousser au nettoyage de Dare Farm, avant même qu’un permis de construire pour ces deux sites n’ait été examiné.

L’expulsion sous les feux des médias a attiré nombre de militants de la solidarité sur le site. Ils ont aidé les habitants à construire des barricades et à s’enchaîner à des tours d’échafaudage montées à la hâte.

« La première chose qui s’est passée, c’est la police anti-émeute qui a fait une percée à travers la clôture, en utilisant ses pistolets Taser avant même d’avoir mis les pieds sur le terrain », racontera une militante appelée Jenny lors d’une réunion d’Anarchist Bookfair de Londres, une semaine après l’expulsion.

« Les personnes qui s’étaient attachées à la tour ont été détachées par une "équipe d’alpiniste" très brutale, et l’électricité a été coupée, y compris dans la maison d’un homme en assistance respiratoire... Certaines des personnes attachées (à la porte et à la tour) étaient toujours là 24 heures plus tard. Les attaches ont été retirées de façon très risquée - ils l’ont fait derrière des écrans, après s’être débarrassés des médias. Les gens ont été roués de coups alors même qu’ils étaient attachés. »

Le lendemain, les gens du voyage ont décidé qu’il était temps de partir. Jenny : « Ils ne voulaient pas voir d’autres personnes se faire frapper. Ils ont décidé de partir, avec dignité, et nous ont demandé de sortir avec eux... Nous sommes partis, dans la dignité et la solidarité. ».

Le conseiller Tony Ball, dirigeant du conseil de Basildon, a déclaré à la presse : « C’est très encourageant de voir ces gens du voyage et leurs partisans quitter Dale Farm d’une façon pacifique et digne, une chose que j’ai toujours appelé de mes v ?ux.

« Malheureusement, cela aurait pu se faire bien avant, et sans les scènes de violences auxquelles nous avons assisté toutes ces dernières quarante-huit heures, et sans ces dépenses qui en ont découlées pour les contribuables. »

Les habitants, les témoins et les militants prétendent que l’expulsion s’est faite de façon illégale et que, malgré la bataille juridique menée par les habitants, les grandes lignes de l’arrêt de la Haute Cour n’ont pas été respectées par la police ni par les huissiers de justice qui auraient rendu le site maintenant inhabitable, où s’empilent des décombres et des ordures sur un terrain qui appartient à la communauté. La société Constant & Co. consacre toute une rubrique de son website au renvoi des Travellers, notant, « les procédures de la Cour impliquent une lenteur », et promettant « une autre ligne d’action rapidement. »

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Les Bédouins, peuple nomade, originaire du Néguev

Le contexte international

« Nous devons transformer le Bédouin en un ouvrier de la ville... Cela signifie que le Bédouin ne vivra plus sur sa terre avec son troupeau mais qu’il deviendra un citadin... Cette réalité qu’on appelle les Bédouins va disparaître. » Moshe Dayan, 1963


Le Comité des Nations-Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a noté que « les gens du voyage et les tziganes sont déjà confrontés à une discrimination et une hostilité considérables dans la société en général et... que cela pourrait être aggravé par les mesures que prennent les autorités dans la situation actuelle ».
De fait, un rapport de 2008, de l’organisation Human Rights First, note que pour une part la discrimination serait approuvée par les officiels :

« (En Italie), des milliers de Roms ont été chassés de leurs foyers en 2007, quand la foule les a agressés, frappés et a détruit leur campement par le feu, alors que la police ne serait pas intervenue dans plusieurs des cas pour protéger les victimes. Certains dirigeants politiques italiens ont encouragé une clameur nationale pour que les Roms soient expulsés des villes et déplacés.

« De violents incidents ont aussi été signalés en Bulgarie, en République tchèque, dans la Fédération de Russie, en Serbie, et en Slovaquie. »

Le même rapport cite également les déclarations officielles racistes, provocatrices, du préfet de Rome, Carlo Mosca, annonçant son intention de signer les ordres d’expulsion sans hésiter. « La ligne dure est nécessaire, a-t-il dit, pour faire face à ces animaux. »

Des « pactes de sécurité » ont été signés par les maires de Rome et de Milan, qui « envisagent d’expulser par la force jusqu’à 10 000 Roms » des deux villes, au mépris des règles de l’Union européenne sur la migration.

En République tchèque, Liana Janáèková, sénatrice et maire d’une ville, affirme que les problèmes des campements roms peuvent être résolus par la « dynamite », que les Roms ont beaucoup trop d’enfants, et qu’ils doivent être tenus « derrière des clôtures électriques ».


Mais c’est pourtant en Israël que le mode vie nomade est le plus fortement criminalisé sous le prétexte d’ « aider » les communautés nomades à devenir plus « civilisées ».

Khalil al-Amour enseigne les mathématiques, il a 46 ans et est d’al-Sira, l’un des 45 villages bédouins « non reconnus » dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël.

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Bédouine sur les ruines de sa maison à al-Arakib.
(Gallo-Getty)

« Ils (les officiels israéliens) ont collé des ordres de démolition sur les murs des maisons dans mon village en 2006 », dit-il à Al Jazeera. « Il y a environ 70 familles et 500 personnes à al-Sira. »

Leurs maisons n’ont pas encore été démolies (contrairement à d’autres villages bédouins), et ils se battent devant les tribunaux. Mais leur communauté reste privée des services de l’État dont profitent les villages voisins, tels que le réseau d’électricité ou le pavage des rues.

« Les gens ont eu recours à des générateurs pendant de nombreuses années » dit-il. « Maintenant, j’essaie d’encourager de plus en plus les familles à utiliser les systèmes solaires et les panneaux solaires, qui sont très coûteux. D’un autre côté, le carburant utilisé pour les générateurs est très cher lui aussi. »

Il y a quelque 80 000 Bédouins vivant dans les villages « non reconnus ».

Leur communauté a toujours été semi-nomade ; se déplaçant de façon saisonnière avec ses troupeaux à la recherche de pâturages et rentrant dans leurs villages chaque année.

Mais quand Israël a voté sa législation sur la Planification et le Développement, en 1965, il en a exclu les villages bédouins du Néguev, «  alors que les Bédouins en sont la population indigène, et qu’ils y vivent depuis des siècles », dit Roni Ramba, codirecteur de la Campagne pour la Justice bédouine-juive en Israël.

Sa campagne, projet des Rabbins pour les droits de l’homme/Amérique du Nord et de l’Alliance juive pour le changement, met en avant que non seulement les Bédouins n’ont aucun service d’infrastructure, mais ils vivent sous la menace constante d’être expulsés par la force, les dirigeants israéliens « s’appuyant sur une législation fondamentalement discriminatoire ».

« Le cas le plus récent en est toutes ces démolitions qui ont eu lieu dans le village bédouin d’al-Arakib dans le Néguev » a déclaré Remba à Al Jazeera.

« Dans ce cas précis, le gouvernement israélien a envoyé jusqu’à 1300 policiers paramilitaires pour expulser, violemment, plus de 300 hommes, femmes et enfants. Le village a été reconstruit, puis redémoli, près de 30 fois rien qu’au cours des dix-huit derniers mois ».

Des plus, des projets sont en préparation dont les responsables israéliens affirment qu’il s’agit d’une solution globale pour le statut des Bédouins dans tout le Néguev.

« Le Plan Praver (du nom de cet ancien collaborateur de Netanyahu, Ehud Praver) implique la démolition de 20 villages non reconnus et prévoit d’expulser jusqu’à 20 à 40 000 habitants s’ils n’acceptent ce qui leur est proposé, une indemnisation plutôt maigre et bien insuffisante » a dit Remba.

Et d’ajouter que l’objectif du plan est de concentrer l’ensemble de la communauté bédouine dans des « communes » bédouines reconnues par le gouvernement, dans la région, qui abritent déjà actuellement environ 100 000 personnes, qui ont dû aussi quitter leur terre sous la contrainte.

« Du fait des discriminations et des négligences flagrantes du gouvernement, les Bédouins sont la population d’Israël la plus désavantagée économiquement, dans tous les paramètres socio-économiques.

« Même les villes qui sont approuvées par le gouvernement, donc "légales" et non soumises à démolition... sont classées comme étant les sept communautés les plus désavantagées socio-économiquement dans tout Israël, et cela pour les taux de chômage, de pauvreté, de criminalité, d’enseignement, et même de mortalité infantile.

« Le taux de la mortalité infantile est quatre fois celui des communautés juives voisines, à juste un ou deux miles - et cela à cause d’une discrimination extrême dans leurs conditions de vie. »

Le gouvernement israélien a l’intention de « liquider » les villages bédouins et d’y mettre à la place des communautés juives, « pour contrôler la terre... en lien avec l’objectif que le Premier ministre Netanyahu a appelé "le maintien d’une majorité juive dans le Néguev" », a déclaré Ramba à Al Jazeera.

Comme dans le cas des habitants de Dale Farm, les officiels déclarent que leur relogement sera « aidé » conformément à la législation sur la planification. Mais, alors qu’il vantait son nouveau projet, même le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, disait qu’il ne fallait pas s’occuper des Bédouins sur les terres où ils vivaient depuis des générations.

« Après des années de besoins insuffisamment satisfaits, ce gouvernement décide de prendre les choses en main et d’apporter une solution à long terme au problème » a-t-il dit.

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Les "communes" que réserve Israël aux Bédouins

« Le projet va permettre aux Bédouins, pour la première fois, de liquider leurs biens et transformer leur capital mort en capital vivant, ils pourront acquérir la propriété d’un terrain, qui permettra de construire une maison conformément à la loi, le développement des entreprises et celui de l’emploi. Cela va faire faire un bond en avant à cette population et lui apporter une indépendance économique.

« Notre État s’élance vers l’avenir et vous avez besoin de faire partie de cet avenir. Nous voulons vous aider à accéder à l’indépendance économique. Ce plan est conçu pour favoriser le développement et la prospérité. C’est une chance historique qui ne doit pas être manquée. »

Cette sorte de rhétorique toutefois n’est pas pour plaire à beaucoup de Bédouins.

« Le problème avec ce plan est qu’il va nous déraciner de notre terre ancestrale et nous reloger dans les villes et agglomérations les plus pauvres » dit al-Amour.

« Nous allons être déracinés ; nous allons perdre nos traditions, notre vie, notre culture, nos valeurs ; aller dans ces villes, c’est l’antithèse de notre identité, en tant que Bédouins. C’est pourquoi nous nous opposons à ce plan. La population juive ici a le droit de choisir où elle veut vivre. Elle peut vivre dans une agglomération, elle peut vivre dans un village, elle peut vivre dans un moshav (coopérative agricole) ou dans un kibboutz. Et il faut que la population bédouine n’aille que dans des villes. C’est ridicule, c’est incroyable. »

Ridicule, peut-être, mais pas incroyable. En réalité, beaucoup de Bédouins et de leurs sympathisants disent que le Plan Praver n’est qu’une continuation de la politique de l’État israélien en cours depuis des décennies.

En 1963, le ministre de l’Agriculture d’alors, Moshe Dayan, montrait son mépris pour les Bédouins et leur mode de vie, déclarant à Ha’aretz :

« Nous devons transformer le Bédouin en un ouvrier de la ville... Cela signifie que le Bédouin ne vivra plus sur sa terre avec son troupeau mais qu’il deviendra un citadin rentrant l’après-midi chez lui et mettant ses pantoufles. Ses enfants s’habitueront à voir leur père porter des pantalons, sans poignard, et ils ne chercheront plus leurs poux en public. Ils iront à l’école, les cheveux peignés, avec une raie. Ce sera une révolution, mais il peut falloir deux générations pour la réaliser. Pas par la coercition, mais sous la direction de l’État. Cette réalité qu’on appelle les Bédouins va disparaître. »

La campagne en cours

Al-Amour, dirigeant bédouin d’al-Sira, a enseigné pendant 28 ans, il est également conférencier dans des systèmes de réseau informatique, titulaire d’une maîtrise en administration de l’enseignement et il vient juste de terminer sa deuxième année de droit.

Il a déclaré à Al Jazeerea qu’il continuera à lutter pour sa communauté, et qu’il n’abandonnera jamais son mode de vie nomade.

« Je vais aller à Genève et j’assisterai à la réunion des Comités des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU, et ensuite ce sera Berne, puis les rencontres avec des sympathisants à Lausanne. Je serai toujours en mouvement, pour représenter ma communauté et mon peuple. »

En effet, il a, lui et des milliers comme lui, des sympathisants à travers le globe.

Pour Doni Ramba, basé à New York, cette discrimination à l’encontre les Bédouins doit cesser.

« Si nous croyons qu’Israël est une démocratie, comme il prétend l’être, c’est le moins qu’il doit à ses citoyens bédouins : leur donner les mêmes droits et opportunités qu’à ses citoyens juifs.

« C’est ce qu’Israël a promis dans sa déclaration d’indépendance : développer le pays au profit de tous ses habitants... (Le Plan Praver) est une violation des valeurs démocratiques fondamentales d’Israël, et de son engagement à l’égalité ; et je le vois aussi comme une violation des valeurs morales fondamentales juives.

« Je pense encore que c’est extrêmement préoccupant et que cela exacerbe les relations entre juifs et Arabes en Israël, cela ne peut pas conduire à une fin heureuse ».


Retour dans l’Essex, à l’extérieur de Dale Farm. D’anciens habitants du site rendent hommage à leurs sympathisants et appellent à poursuivre la solidarité avec les communautés du voyage, alors que la société des huissiers continue de détruire leurs maisons :

« Ce qu’ils font, ils ne sont pas censés le faire » dit une habitante nommée Clem. « Ils cassent tout, les huissiers créent un énorme désordre en plein milieu du site. Les habitants souffrent. Mais vous êtes venus à Dale Farme pour soutenir notre cause, parce que vous saviez que ce qui se passe est mal. Je vous aime de tout mon c ?ur. Personne ne s’était jamais levé pour les Travellers auparavant, vous avez fait l’histoire. »

Et Pearl de conclure : « J’aime tous les militants du monde, sans eux, le monde serait dur, un lieu cruel. »


Suivez James Brownsell et Pennie Quinton, sur Twitter : @JamesBrownsell et @penrosequinton

De James Brownsell sur Info-Palestine : Sur quelle planète vit Rudolph Giulani ?

14 novembre 2011 - Al Jazeera - traduction : JPP


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